Grenoble, 17 novembre 2018 : Blocage avec le Mouvement des Gilets Jaunes

Ce samedi, j’étais en compagnie du Mouvement des Gilets Jaunes, que j’avais rejoint vers 8 h 30, à quelques pas de la Porte de France. Dès les premiers instants et jusqu’à la fin des blocages avec celui-ci, j’ai senti au plus profond de moi que c’était un rassemblement de citoyens apolitiques, areligieux, et asyndicaux, de tous horizons, qui souhaitaient simplement ne plus être considérés comme des vaches laitières par l’exécutif d’Emmanuel Macron et ceux qui l’ont précédé, mais comme des êtres humains, et surtout des Français. Les gilets jaunes exigent la démission de Jupiter – qui méprise le peuple d’en bas – une hausse du pouvoir d’achat pour les petits ménages, et un tas d’autres revendications socio-économiques et environnementales.

J’ai déambulé dans les rues à leurs côtés et bloqué quelques instants, avec eux, plusieurs axes grenoblois importants jusqu’au Rondeau d’Échirolles, dans la joie et la bonne humeur, avec de bons slogans tels que « Macron démission », « Grenoble, réveille-toi » ou encore, pour en citer un dernier « Grenoble Grenoble, soulève-toi » ! Par moments, on chantait La Marseillaise par patriotisme et en hommage à Chantal, « gilet jaune » tuée par une « chauffarde » le matin-même en Savoie.

Interviewé par France 3

Un journaliste de cette chaîne télévisée publique est venu à ma rencontre pour m’interviewer, me prenant pour un des porte-parole – alors que je n’étais que simple participant. J’ai exprimé mon ras-le-bol et ce que je pensais du président illégitime et illibertaire de la France. Les personnes autour de moi m’encourageaient, enjouées par mon intervention face à la caméra. Tout ça sur fond d’un beau drapeau tricolore et d’acclamations.

L’homophobie n’avait pas sa place le 17 à Grenoble

Un sombre personnage nous a rejoints avec sa voiture grisâtre, d’une manière théâtrale. Il attaquait Macron sur son orientation sexuelle et non sur ses politiques dévastatrices pour le peuple de France et l’environnement.

Fort heureusement, les organisateurs du mouvement l’ont sombrement écarté à plusieurs reprises de notre rassemblement. J’en conclus donc que les gilets jaunes n’étaient essentiellement pas des fachos – comme le prétendent une partie de la gauche, certains syndicats, ainsi que les médias mainstream au service du pouvoir en place, c’est-à-dire, la macronie. D’autant plus que les porte-parole grenoblois du mouvement avaient plutôt de bonnes têtes d’anarchistes sympas. L’un d’entre eux portait de somptueuses bagues aux doigts et avait une belle barbe digne d’un hipster parisien.

 

 

Arrivés au Rondeau d’Échirolles

Quand nous sommes arrivés au Rondeau, d’autres gilets jaunes nous ont rejoints avec entrain, d’un peu partout, pour nous prêter main-forte dans notre œuvre de blocage de la circulation. Les motards présents ont fait rugir leur moteur. Les automobilistes, les routiers et des bus ont joué de leurs klaxons en signe de soutien. D’autres encore avaient simplement un gilet jaune sur le tableau de bord, ou le brandissaient à leur fenêtre de manière héroïque. Les CRS et la gendarmerie étaient présents, mais ne bougeaient pas d’un poil, tout en nous observant jusqu’à la tombée du crépuscule. Sous le coup de midi, une minute de silence était respectée en hommage à Chantal. En début d’après-midi, je suis parti à cause du froid et de la fatigue.

Pour conclure, je suis agréablement surpris par le mouvement social que nous sommes, – les Gilets Jaunes – mouvement qui dépasse toutes mes espérances, même si la route reste encore longue avant que nous fassions démissionner Emmanuel Macron et ses sbires, ou du moins que nous les forcions à prendre en compte et appliquer nos revendications. Bref, une belle journée en soi. À suivre donc.

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