
Madame Ruffin,
Je suis Charlie Fert, Grenoblois de naissance, militant politique de longue date. Je me revendique de l’écologie positive, radicale et populaire et de l’anticapitalisme principalement. J’aime profondément la ville qui m’a vue grandir au fil du temps et plus largement la France.
Par le passé, j’ai soutenu votre prédécesseur, Éric Piolle, ainsi que ses majorités durant ses deux mandats, tout en restant extrêmement critique chaque fois que cela me semblait nécessaire.
Depuis plus d’une décennie, il a mené des politiques et mis en place des mesures se revendiquant de la gauche écologiste et de l’arc humaniste. Certaines décisions allaient clairement dans ce sens et je tiens à les reconnaître.
Politiques et mesures que je considère comme salutaire :
– La totale gratuité du festival du Cabaret Frappé.
– La création de la Dragonne dans le square Saint-Bruno en concertation avec les riverains.
– La création de Chrono vélos.
– Le soutien au mouvement de Nuit debout, des Gilets jaunes et au mouvement Bloquons tout du 10 septembre.
– Le bail de 40 ans d’occupation accordé au centre social Tchoukar du 38.
– La végétalisation des cours d’écoles primaires et de certains espaces publics auparavant très minéralisés.
– Le développement des jardins partagés en ville.
– Le retrait d’une grande partie de la publicité à Grenoble.
– La mise en place des budgets participatifs, même s’ils restent loin d’être parfaits.
– L’introduction d’une alimentation bio dans une partie de la restauration municipale.
– L’aide alimentaire non conditionnée par le CCAS durant le confinement de 2020.
– La refonte de la bibliothèque Saint-Bruno et de la piscine Bulles d’O et de Jean Bron en autre.
– La nomination de certaines personnes réellement pragmatiques dans les valeurs qu’elles défendent et véritablement aux côtés des Grenobloises et des Grenoblois. Un exemple particulièrement marquant est l’élue aux aînés, aux aidants et à l’intergénérationnel. Je l’ai vue à l’œuvre personnellement : c’est une femme avec un grand cœur et aux valeurs fortes de gauche, qui n’hésite pas à aider son prochain quand elle le peut.
Il y a sans doute d’autres exemples que j’ai oubliés.
Cependant, je me sens aujourd’hui fortement trahi, déçu et méprisé par Éric Piolle et une partie de ses élus, à travers des politiques de la ville que je considère comme dogmatiques, autoritaires et punitives, menées à l’encontre des Grenobloises et des Grenoblois presque dès le début de ses mandats.
Voici quelques politiques, décisions et orientations notoires que je considère comme délétères ou inacceptables :
– La fermeture de plusieurs bibliothèques, décision incohérente pour un maire se revendiquant de la gauche.
– La coupure des fluides le 23 décembre 2020 lors de l’occupation des Volets Verts dans le quartier l’Abbaye.
– L’absence de positionnement clair et de mesures fortes contre l’implantation de centres commerciaux à Grenoble et dans ses environs.
– Le manque de soutien de la Ville, puis l’expulsion de la Papothèque, un tiers-lieu de solidarité et de convivialité présidé par Anouchka Michard. Actis, simple bailleur social des locaux, a procédé à cette expulsion fin janvier 2021 suite à des dettes locatives. Cette situation est d’autant plus choquante qu’Élisa Martin, ex-adjointe au Maire, était à la tête de ce bailleur social à l’époque. Elle aurait pu intervenir davantage.
– La mise en place de mobilier urbain anti-migrants et anti-SDF sous le pont de l’Estacade, en totale contradiction avec les discours sur Grenoble « terre d’accueil » et dangereux pour la circulation des deux roues.
– Le manque d’entretien général de la ville : saleté, déjections animales et humaines, prolifération de rats. Sans même parler des routes jonchées de nids-de-poule ou de la végétation accidentogène le long de certaines Chrono vélos.
– La réduction toujours plus importante de la place de la voiture à Grenoble, menée contre l’avis de la population.
– La présence policière régulière pour filtrer l’accès aux conseils municipaux ou aux vœux du maire, rappelant de mauvais souvenirs de l’ère Michel Destot.
– La quasi-collaboration avec le gouvernement dans l’application de mesures liberticides et autoritaires durant la période Covid entre 2020 et 2022. On n’oublie pas.
– Les mauvaises conditions de travail persistantes pour une partie des agents de la Ville de Grenoble.
– La diminution de la taille du marché de Noël ainsi que l’évincement de certains commerçants depuis le Covid.
– L’absence totale de mesures pour contraindre les propriétaires de murs commerciaux à baisser les loyers.
– La non-gratuité totale et non conditionnée des transports en commun, tout en appliquant la ZFE.
– La destruction sans précédent du monde de la nuit à Grenoble, avec notamment la fermeture des nightshops à 22h et la fin des concerts du Cabaret Frappé dès 23h.
– La pression administrative croissante sur la vie associative de quartier. Cap Berriat, le 102 ou encore le Lîeu en sont victimes, allant jusqu’à des mises en demeure et des menaces de fermeture administrative, la Ville de Grenoble se montrant bien trop complaisante avec des riverains aigris.
– L’augmentation de la taxe foncière de 32,9 %, sans contrepartie tangible pour les propriétaires à faibles revenus et la population grenobloise.
– L’abandon politique des logements HLM par des présidents de bailleurs sociaux issus de la majorité municipale, incapables ou refusant d’en assurer la rénovation et l’entretien. Les ascenseurs d’HLM régulièrement hors service, en sont un symbole particulièrement révélateur.
– La non-réquisition des logements HLM et des équipements municipaux vacants pour loger les personnes sans domicile fixe.
– La baisse constante du soutien financier et des subventions aux associations grenobloises.
– La municipalisation forcée de certaines associations, notamment des MJC et des théâtres de quartier.
– Le non-soutien au cinéma Le 6 Rex face au propriétaire des murs, malgré l’alerte lancée. Les autres collectivités, dont la Métropole, sont également restées silencieuses.
– La défiguration en cours de la place de Metz et de l’Esplanade, menée sans respecter l’avis des habitants et des commerçants concernés, ainsi que la future rénovation du cours Berriat, imposée en rejetant le projet alternatif porté par l’Union de quartier Chorrier-Berriat.
– L’instauration du Dry January et du Vegan January lors des vœux du maire et de diverses cérémonies municipales.
Je souhaite également attirer votre attention sur certains élus aux politiques problématiques, notamment celui en charge de la voirie, de la végétalisation et de l’espace public, qui mène depuis sa fonction une écologie punitive à l’encontre des automobilistes, des habitants et des commerçants, en supprimant ou en marchandisant massivement les places de stationnement, avec la complicité du Maire, de la majorité municipale et de sociétés privées telles qu’Eiffage et Vinci. Cet élu est également contre la plantation d’arbres fruitiers dans l’espace publique et l’a justifié sur ses réseaux sociaux.
Je pense aussi à l’élu à la santé, qui a abdiqué face au récit sanitaire gouvernemental et appliqué, durant la période Covid, des mesures liberticides relevant davantage du contrôle social que de la santé publique. Cet élu a refusé le dialogue avec des collectifs/associations opposés à ces mesures et n’a jamais accédé à leurs revendications durant la crise sanitaire.
Je refuse d’être administré par une caste de diplômées et de technocrates déconnectés du quotidien des grenobloises et grenoblois.
J’ai également trouvé plus que dommageable que, durant les mois de l’accessibilité, la Ville de Grenoble ait principalement donné la parole à des sportifs olympiques, des avocats ou des militants reconnus pour parler du handicap et des discriminations. La parole des citoyens en situation de handicap, comme moi et tant d’autres, a été largement invisibilisée. Les politiques de la ville sur la question du handicap et de l’accessibilité manque cruellement de courage politique ainsi que de pragmatisme.
Je suis très inquiet et en colère que l’ensemble de ces décisions politiques renforce le vote en faveur de la liste « Réconcilier Grenoble » d’Alain Carignon, malgré sa manière de traiter ses opposants politiques et son lourd passé judiciaire.
Aujourd’hui, mon choix est déjà fait pour le premier tour. Si la liste que j’ai choisie ne se hisse pas au second tour, je voterai pour vous la mort dans l’âme, non pour ce que vous portez, mais pour empêcher la droite locale de gouverner Grenoble.
Merci de m’avoir lu.
Cordialement,
Charlie Fert
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